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Greffes de singe : il gardait ses cobayes à Nogent-sur-Oise

Le docteur Voronoff pratiquait des greffes de singe sur l’homme dans les années 1920 à Paris. Il stockait ses malheureux singes cobayes dans un entrepôt nogentais.

HÉLÈNE HAUS | Publié le 03.11.2012, 04h16


Le bâtiment en brique de la singerie a été entièrement recouvert. Aujourd’hui, il est occupé par la société Picool (à gauche). Le docteur Voronoff, médecin d’origine russe naturalisé français, effectuait ses xénogreffes à Paris.

Le bâtiment en brique de la singerie a été entièrement recouvert. Aujourd’hui, il est occupé par la société Picool (à gauche). Le docteur Voronoff, médecin d’origine russe naturalisé français, effectuait ses xénogreffes à Paris.

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Au sortir de la Première Guerre mondiale, un nouveau héros envahissait les bibliothèques. Tarzan, l’homme-singe, celui qui fit chavirer le cœur de la belle Jane Porter et qui fut au centre d’un mythe questionnant l’homme sur sa part d’animalité. Un roman au cœur de son époque… Ainsi, dans les années 1920, à , Serge Voronoff (1866-1951), un médecin français d’origine russe, a défrayé la chronique avec ses xénogreffes (greffes où le donneur et le receveur ne sont pas de la même espèce).

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En l’occurrence, des greffes de testicules de singes à des centaines d’hommes en quête d’une virilité renouvelée. Et pour gérer l’afflux de demandes, il avait installé à Nogent-sur-Oise une singerie, qui abritait les animaux destinés à ces incroyables greffes.

Aujourd’hui, l’ancien bâtiment, situé en face du château des Rochers, est occupé par l’entreprise Picool. Les archives municipales ne possèdent aucun document relatant son existence, même si, dans le quartier, certains habitants en ont entendu parler. « Je n’étais pas encore né, mais mes parents vivaient juste à côté. Ils m’ont raconté qu’il y avait des singes. Apparemment, les scientifiques s’en servaient pour faire des expériences », raconte un octogénaire qui réside en face du site. En attendant, des lendemains de la Première Guerre jusqu’en 1939, Serge Voronoff et ses disciples ont opéré des milliers d’hommes à travers le monde. « Les patients qui se faisaient greffer étaient des personnes affaiblies qui espéraient retrouver leur force physique, intellectuelle et une vie sexuelle plus trépidante. La plupart étaient satisfaits du résultat », relate Jean-Louis Fischer, embryologiste, ancien chercheur au CNRS et auteur d’un article* sur les xénogreffes.

Pour réaliser ses expériences, le docteur Voronoff pratiquait une double opération dans une seule et même salle. Il s’occupait d’abord du singe, un chimpanzé ou un babouin. Il lui enlevait les testicules et les découpait en fines lamelles. Le médecin greffait ensuite l’homme sous anesthésie locale. Il pratiquait une incision dans ses testicules et y incorporait les morceaux de testicules du singe préalablement amputé. Sans que l’on sache encore aujourd’hui pourquoi, les patients ne rejetaient jamais la greffe, et tous se sentaient revigorés par cette étrange opération. Dans des livres d’époque, des hommes posent avant et après. Leur teint est moins pâle, leur regard brillant et leur sourire assuré. « Aujourd’hui, on sait très bien que ces greffes n’avaient aucun sens. On suppose qu’elles avaient un effet . Les hommes pensaient que ça marchait, alors ils se sentaient mieux », interprète Jean-Louis Fischer. Une cure de jouvence qui n’était pas donnée. L’opération coûtait en moyenne à l’époque 15000 francs (environ 10000 € d’aujourd’hui).

* « Serge Voronoff : l’Ambiance parisienne biomédicale entre xénogreffes, querelle de l’interstitiel et néo-malthusianisme ».

Le Parisien

 
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  • 03/11/2012 - 11h47

    Cette réalité a été l'objet d'un épisode télévisé des aventures de "sherlock Holmes" interprété magistralement par l'acteur Jérémie Bret. En le visionnant je n'aurai jamais pu croire à la réalité d'un aussi navrant phénomène.La réalité a dépassé l'imagination de l'auteur britannique.

  • 03/11/2012 - 10h30

    il y a des fous et ils y en aura encore dans le monde entier!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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